Du bio : OUI … Mais pas forcément dans mon caddie !
Surfant sur la prise de conscience environnementale et l’exigence en qualité de consommateurs culpabilisés à coup de publicités ; les grandes surfaces s’engouffrent dans le marché prometteur des produits bios. Guidés dans les rayons par de redoutables stratégies marketing, la ménagère a aujourd’hui la possibilité de remplir son caddie avec des produits tous plus bios, équitables ou allégés les uns que les autres. Encore plus verts – Encore plus bon !!! Peut importe que l’on nage dans le brouillard de l’information et de la traçabilité, les emballages (ainsi que les emballages des emballages […]) sont garnis de certifications toujours plus vertes pour nous donner bonne conscience.
La mondialisation et la consommation de masse ont investit notre quotidien. On peut désormais faire ses courses le dimanche, choisir des produits parmi des milliers de références, profiter de réductions inégalables et prendre le temps de manger un hamburger à la cafet’ grâce au temps que l’on a gagné en passant par une caisse automatique. Une liberté ??
Les apparences sont trompeuses. La publicité crée chaque jour de nouveaux besoins de consommation au détriment du lien social. Nos cartes de fidélité analysent nos comportements à chaque passage en caisse. Le prix des produits est optimisé au détriment des producteurs et de la qualité. Le crédit à la consommation nous rend dépendant de la cupidité des banquiers. Les exemples sont nombreux mais en résumé on peut dire que la société se confond de plus en plus avec un monde de compétition guidé par une surconsommation (dopée à la publicité) et la course après le chronomètre…
Sommes nous pour autant embarqués dans une impasse ? Est t’il encore temps de changer de cap ? Succomber à la fatalité ne sera pas une solution ! Nous ne pouvons pas continuer de laisser quelques personnes orienter notre quotidien. Ce constat invite à remettre en question nos habitudes. Privilégier les produits de saisons, refuser les OGM, éviter les pesticides, utiliser les filières courtes, discuter avec son maraîchers sont autant de possibilités pour répondre aux dérives que nous venons de dénoncer.
S’il est facile d’écrire de belles phrases et d’énoncer de belles paroles on se sent parfois démunis pour les mettre en pratique. Le manque de temps et d’informations incitent à poursuivre la fuite en avant vers le non-sens. Comment faire ? Depuis le début de l’année à Nancy une alternative existe. Spécialisé dans le commerce de produits bio, l’entreprise « croc-us » pousse le caddie à notre place. Le principe est simple : on commande sur Internet (++) un panier que l’on va ensuite retirer au point de dépôt situé rue Mac Mahon.
Fini le temps perdu dans les rayons ; fini les surplus d’emballages ; fini OGM et pesticides ; et surtout fini la désinformation. Sur Internet lors de la commande on peut se renseigner sur les produits (qualité, producteurs, idées recettes, prix) et éviter l’achat compulsif. Un autre intérêt se situe lorsque l’on retire son panier. La commande est prête et le vendeur offre à la demande une visite de la boutique et du stock. Libéré de l’aspect commercial (la commande est déjà passée), le vendeur devient un conseilleur et une source d’information fiable sur les produits.
L’exemple de l’entreprise « croc-us » montre qu’il est possible de développer au sein d’un territoire des alternatives à ce qui nous est traditionnellement proposé. L’enjeu n’est pas d’être moralisateur ou de culpabiliser les consommateurs mais de leur laisser le choix, d’inventer et de proposer des solutions. Malheureusement aujourd’hui, la transparence et l’information sont des exigences que les lobbys et autres spéculateurs cherchent à nous priver. Une certitude : la solution à la globalisation mondialisée exigera un retour au local. C’est à nous aujourd’hui, comme le magasin « croc-us », d’inventer des alternatives propres au contexte et à l’espace dans lequel on vit. Le défi est donc bien d’encourager et de soutenir les initiatives locales pour reprendre en main le pouvoir de décider de notre quotidien.
Pierre Mengin